Jeudi 10 décembre 2009
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08:02
Ou comment rester bloqué dans les starting-blocs…
J’aime voyager. Il y a certes le plaisir de changer d’air pour oublier les lendemains de fêtes pluvieux quand le chien du voisin commence de s’éclaircir les cordes vocales vers 7h30. Mais voyager peut devenir aussi une véritable nécessité de service pour mes yeux, mon cerveau et mon moral. Les ogres ont les petits enfants, les hypo-gloutons les billes blanches et les loups les chèvres de M. Seguin : moi, il me faut mes billets d’avion.
Il faut que je me gave, me remplisse, me fasse péter l’estomac d’images, d’odeurs, de saveurs et de rencontres, même éphémères, pour nourrir ce besoin de nouveauté. Sinon, je me gave, me remplis et me fais péter le ventre avec tout ce qui peut se trouver dans mon frigo, du yaourt 0% aux tranches de bacon en passant le vieux reste de harissa.
Au prix des liposucions et des séances de cellu-M6, autant voyager.
Et parfois, pour voyager, justement, on a besoin d’un document administratif communément appelé visa, parce que même si l’aventure peut être au bout de la rue, sur son pallier (ah, une bonne engueulade avec ses voisins !) ou dans sa salle de sport (tiens, y’avait un muscle, là ?), la mienne va se dérouler, si tout va bien, à quelques milliers de kilomètres de mon antre, de mon pâté de maison et de mes barres de poids : dans un monde tout à fait nouveau pour moi, l’Inde ; endroit choisi pour son côté spirituel autant que dépaysant…
Après avoir fait les recherches nécessaires sur Internet pour l’obtention du Sésame censé m’ouvrir les portes de la perception, j’ai recueilli et imprimé tous les documents nécessaires au dossier et décidé d’aller le déposer avec un ami en partance pour Delhi lui aussi, au bureau des visas. Donc. Un vendredi, histoire de ne pas y passer des heures.
Afin de ne pas mourir de faim et parce que mon ami va rapidement mériter le surnom de marmotte-ventre-à-pattes, nous faisons d’abord étape dans le XVIIème, à Paris, pour lui faire découvrir ce que j’estime être le meilleur Kebab de la capitale, dans mon ancien et trop regretté quartier des Batignolles.
Nous savourons nos frites et nos morceaux de veau « sauce blanche sans oignons » sur un banc public - banc public. Ah, m’asseoir sur un banc cinq minutes avec toi et regarder les gens tant qu’il y en a, et mettre du pain pita sur nos pantalons pour attirer les moineaux, les pigeons…
Deux estomacs pleins et un pèlerinage au temple Starbuck plus tard, nous repartons en direction de la fabrique à visas. Rue de Paradis. Un signe.
Après avoir résisté à dix-huit propositions de french-manucure et trente-deux offres de dread-locks à la sortie du métro, nous arrivons dans le quartier blacko-pakistanais de la Gare du Nord : un endroit qui hésite toujours entre modernisme et tradition et qui fleure bon le tandoori, les cosmétiques ayurvédiques et la colle à faux ongles.
Rue de Paradis, nous entrons dans le bâtiment pour déposer nos dossiers.
« Ah mais les dépôts de dossiers se font de 9h00 à 14h00 ! ».
Il est 14h30. Grmf.
« Et c’est écrit sur votre site web, ça ?
- Oui-oui ».
Tu parles.
Je regarde mon ami d’un air contrit et, je ne sais pour quelle raison obscure encore, lui pose la question la plus conne de la terre, encore plus forte qu’une blague carambar, encore plus fine qu’une question des Grosses Têtes, celle qui aurait mérité les félicitations du jury aux championnats du monde de répartie minable, un vingt sur vingt en stupidité artistique, un abonnement à vie à Tele-Z… « Tu savais, toi, qu’il y avait des horaires ? ».
Consternant.
Et là, il a été vraiment sympa à mon égard en se contentant d’un simple « non, non, forcément ».
Alors qu’il aurait pu abuser de cet humour cocasse qui le caractérise et me renvoyer dans mes vingt-deux jusqu’au banc de touche avec un carton rouge en me répondant un « Si si, mais c’est tellement plus drôle de devoir revenir », voire un « Oui, mais je suis qu’un con doublé d’un abruti alors non seulement j’ai préféré ne pas partager l’information mais en plus je me suis venu avec toii » ou carrément un « bien sûr mais j’ai une vie tellement merdique et vide que je me suis bien vu perdre deux heures dans une journée de congés ».
Minable.
Pour éviter d’y passer des heures, cela dit, c’était réussi.
Nous sortons donc, aussi « brocouille » qu’un bon chasseur dans un sketch des Inconnus, de cette première étape d’un voyage en Inde, ce qui nous permet cependant de passer un peu plus de temps dans les boutiques : quand le sentier de la spiritualité se dérobe sous nos pas, autant fouler le pavé du shopping en remplaçant les bras de Shiva par la griffe de Zara.
A défaut de vous élever vers le divin, ca vous habille pour l’hiver.
J’aime voyager. Il y a certes le plaisir de changer d’air pour oublier les lendemains de fêtes pluvieux quand le chien du voisin commence de s’éclaircir les cordes vocales vers 7h30. Mais voyager peut devenir aussi une véritable nécessité de service pour mes yeux, mon cerveau et mon moral. Les ogres ont les petits enfants, les hypo-gloutons les billes blanches et les loups les chèvres de M. Seguin : moi, il me faut mes billets d’avion.
Il faut que je me gave, me remplisse, me fasse péter l’estomac d’images, d’odeurs, de saveurs et de rencontres, même éphémères, pour nourrir ce besoin de nouveauté. Sinon, je me gave, me remplis et me fais péter le ventre avec tout ce qui peut se trouver dans mon frigo, du yaourt 0% aux tranches de bacon en passant le vieux reste de harissa.
Au prix des liposucions et des séances de cellu-M6, autant voyager.
Et parfois, pour voyager, justement, on a besoin d’un document administratif communément appelé visa, parce que même si l’aventure peut être au bout de la rue, sur son pallier (ah, une bonne engueulade avec ses voisins !) ou dans sa salle de sport (tiens, y’avait un muscle, là ?), la mienne va se dérouler, si tout va bien, à quelques milliers de kilomètres de mon antre, de mon pâté de maison et de mes barres de poids : dans un monde tout à fait nouveau pour moi, l’Inde ; endroit choisi pour son côté spirituel autant que dépaysant…
Après avoir fait les recherches nécessaires sur Internet pour l’obtention du Sésame censé m’ouvrir les portes de la perception, j’ai recueilli et imprimé tous les documents nécessaires au dossier et décidé d’aller le déposer avec un ami en partance pour Delhi lui aussi, au bureau des visas. Donc. Un vendredi, histoire de ne pas y passer des heures.
Afin de ne pas mourir de faim et parce que mon ami va rapidement mériter le surnom de marmotte-ventre-à-pattes, nous faisons d’abord étape dans le XVIIème, à Paris, pour lui faire découvrir ce que j’estime être le meilleur Kebab de la capitale, dans mon ancien et trop regretté quartier des Batignolles.
Nous savourons nos frites et nos morceaux de veau « sauce blanche sans oignons » sur un banc public - banc public. Ah, m’asseoir sur un banc cinq minutes avec toi et regarder les gens tant qu’il y en a, et mettre du pain pita sur nos pantalons pour attirer les moineaux, les pigeons…
Deux estomacs pleins et un pèlerinage au temple Starbuck plus tard, nous repartons en direction de la fabrique à visas. Rue de Paradis. Un signe.
Après avoir résisté à dix-huit propositions de french-manucure et trente-deux offres de dread-locks à la sortie du métro, nous arrivons dans le quartier blacko-pakistanais de la Gare du Nord : un endroit qui hésite toujours entre modernisme et tradition et qui fleure bon le tandoori, les cosmétiques ayurvédiques et la colle à faux ongles.
Rue de Paradis, nous entrons dans le bâtiment pour déposer nos dossiers.
« Ah mais les dépôts de dossiers se font de 9h00 à 14h00 ! ».
Il est 14h30. Grmf.
« Et c’est écrit sur votre site web, ça ?
- Oui-oui ».
Tu parles.
Je regarde mon ami d’un air contrit et, je ne sais pour quelle raison obscure encore, lui pose la question la plus conne de la terre, encore plus forte qu’une blague carambar, encore plus fine qu’une question des Grosses Têtes, celle qui aurait mérité les félicitations du jury aux championnats du monde de répartie minable, un vingt sur vingt en stupidité artistique, un abonnement à vie à Tele-Z… « Tu savais, toi, qu’il y avait des horaires ? ».
Consternant.
Et là, il a été vraiment sympa à mon égard en se contentant d’un simple « non, non, forcément ».
Alors qu’il aurait pu abuser de cet humour cocasse qui le caractérise et me renvoyer dans mes vingt-deux jusqu’au banc de touche avec un carton rouge en me répondant un « Si si, mais c’est tellement plus drôle de devoir revenir », voire un « Oui, mais je suis qu’un con doublé d’un abruti alors non seulement j’ai préféré ne pas partager l’information mais en plus je me suis venu avec toii » ou carrément un « bien sûr mais j’ai une vie tellement merdique et vide que je me suis bien vu perdre deux heures dans une journée de congés ».
Minable.
Pour éviter d’y passer des heures, cela dit, c’était réussi.
Nous sortons donc, aussi « brocouille » qu’un bon chasseur dans un sketch des Inconnus, de cette première étape d’un voyage en Inde, ce qui nous permet cependant de passer un peu plus de temps dans les boutiques : quand le sentier de la spiritualité se dérobe sous nos pas, autant fouler le pavé du shopping en remplaçant les bras de Shiva par la griffe de Zara.
A défaut de vous élever vers le divin, ca vous habille pour l’hiver.
Par Olivia CHRISTOPHE
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Publié dans : Quand... ou comment...
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